
Le
8 juillet
dernier,
j’ai
reçu
une
amende
de
500 $
plus
les
frais,
pour
un
total
de
668 $,
pour
avoir
laissé
ma
chienne
courir
sans
laisse
au
parc
Jarry.
J’ai
décidé
de
la
contester.
Voici
pourquoi.
Minga
est
une
petite
chienne
de
rue
que
j’ai
rencontrée
au
Mexique
en
décembre
2024,
de
laquelle
je
suis
littéralement
tombée
amoureuse
et
avec
laquelle
j’ai
ensuite
voyagé
durant
six
mois
en
plein
air.
Minga
a
donc
toujours
vécu
en
liberté
et
n’était
habituée
ni
à
la
laisse
ni
aux
parcs
à
chiens
à
notre
arrivée
à
Montréal.
Neuf
jours
après
notre
arrivée,
alors
que
nous
sortions
du
parc
à
chiens,
où
elle
refusait
de
courir,
intimidée
par
la
présence
d’autres
chiens,
elle
était
surexcitée.
Le
même
scénario
se
répétait
depuis
plusieurs
jours
et
elle
accumulait
un
surplus
d’énergie,
tirant
sur
sa
laisse
avec
insistance.
Découragée,
je
l’ai
détachée
et
elle
a
détalé
dans
le
parc.
Malheureusement
pour
moi,
c’est
un
policier
qui
l’a
rattrapée.
Lorsque
j’ai
pris
la
décision
de
détacher
ma
chienne
au
parc,
j’ai
avant
tout
pensé
à
son
bien-être :
elle
avait
visiblement
besoin
de
se
dépenser.
Je
reconnais
que
les
chiens
peuvent
provoquer
des
nuisances :
des
excréments
non
ramassés,
de
la
peur
chez
certains
usagers
du
parc,
voire
un
risque
de
morsure
dans
le
pire
des
scénarios.
Je
comprends
donc
pourquoi
la
Ville
de
Montréal
tente
de
faire
respecter
le
règlement
concernant
l’usage
de
la
laisse.
Des
infrastructures
déficientes
Cependant,
je
constate
également
que
les
infrastructures
de
la
Ville
en
matière
d’exercice
canin
sont
déficientes.
En
effet,
beaucoup
de
parcs
à
chiens
n’ont
pas
de
couvert
végétal
au
sol
et
sont
donc
poussiéreux
en
été
et
boueux
à
l’automne.
De
plus,
il
n’y
a
généralement
que
peu
ou
pas
d’arbres,
si
bien
que
la
température
y
devient
rapidement
insoutenable
lors
de
la
saison
chaude.
Et
ces
aires,
pour
la
plupart,
n’offrent
pas
de
stimulation
pour
les
chiens,
hormis
la
présence
de
leurs
comparses.
Il
est
également
interdit
d’y
lancer
la
balle
en
présence
d’autres
chiens.
Mais,
comme
les
parcs
à
chiens
ne
sont
pas
assez
nombreux,
ils
ne
sont
pratiquement
jamais
vides.
Certains
sont
en
fait
surpeuplés,
et
l’ambiance
peut
y
être
chaotique
aux
heures
de
pointe.
En
raison
de
leur
petit
nombre,
ils
se
trouvent
aussi
trop
loin
de
plusieurs
domiciles
pour
un
usage
quotidien.
Enfin,
certains
n’ont
pas
d’eau
ou
de
sas
à
l’entrée.
La
Ville
est
bien
au
fait
de
tous
ces
problèmes,
puisqu’elle
a
consulté
le
public
lors
de
la
refonte
du
Règlement
sur
l’encadrement
des
animaux
domestiques
en
2018.
Lors
de
cette
consultation,
« de
nombreux
citoyens
ont
suggéré
que
des
espaces
autres
que
les
parcs
à
chiens
deviennent
un
endroit
où
les
chiens
pourraient
courir
librement
à
certaines
heures
précises.
Cette
proposition
fait
consensus
chez
les
propriétaires
de
chiens,
qui
seraient
plus
enclins
à
respecter
la
réglementation
sur
le
port
de
la
laisse
dans
les
parcs
si
un
équilibre
pouvait
être
atteint
pour
le
bien-être
de
leur
animal ».
Cependant,
aucune
initiative
de
temps
partagé
n’a
été
mise
en
place
depuis.
Il
s’agit
pourtant
de
l’une
des
meilleures
pratiques
en
matière
de
gestion
des
conflits
d’usage
du
territoire
en
milieu
urbain,
selon
une
revue
de
la
littérature
des
architectes
du
paysage
(Chen
et
coll.,
2022).
Dans
ce
contexte,
une
partie
des
Montréalais
gardiens
de
chiens,
ceux
qui
habitent
trop
loin
ou
dont
les
chiens
n’aiment
pas
jouer
avec
d’autres
chiens,
se
retrouvent
donc
dans
une
impasse.
En
effet,
ils
doivent
choisir
entre
contrevenir
au
règlement
sur
l’utilisation
de
la
laisse
et
brimer
les
impératifs
biologiques
de
leur
animal.
Or,
s’ils
choisissent,
comme
moi,
de
prioriser
le
bien-être
de
leur
compagnon,
les
amendes
auxquelles
ils
s’exposent
sont
déraisonnablement
sévères
lorsqu’on
les
compare
à
celles
associées
à
certaines
infractions
aux
conséquences
connues
pourtant
plus
graves.
Des
amendes
disproportionnées
Par
exemple,
l’amende
prévue
au
Code
de
la
sécurité
routière
pour
l’omission
de
s’arrêter
à
un
feu
rouge
(article 359)
est
de
200 $
plus
les
frais.
Quelque
29
personnes
sont
mortes
à
Montréal
en
2024
en
lien
avec
ce
type
précis
d’infraction,
22
autres
ont
été
transportées
à
l’hôpital
et
515
autres
encore
ont
subi
des
blessures
légères.
Si
l’on
regarde
l’ensemble
des
décès
et
des
blessures
impliquant
des
véhicules
survenus
en
2024
à
Montréal,
on
parle
de
318
morts
et
6258
blessés.
En
comparaison,
le
dernier
décès
causé
par
un
chien
à
Montréal
remonte
à
2016.
Bien
que
cela
demeure
un
événement
tragique,
il
s’agit
également
d’un
événement
exceptionnel.
Quant
aux
morsures,
il
y
en
aurait
eu
environ
260,
selon
des
données
présentées
par
La
Presse.
Un
autre
article
rapporte
263
morsures
pour
2021.
Il
ne
m’a
pas
été
possible
d’obtenir
les
données
auprès
de
la
Ville
à
des
fins
de
vérification,
malgré
des
demandes
d’accès
à
l’information
répétées,
mais
on
est
en
droit
de
douter
qu’il
y
ait
réellement
une
aggravation
de
la
situation.
De
plus,
dans
l’absolu,
les
chiffres
restent
assez
bas
par
rapport
au
danger
que
représentent
les
voitures.
La
Ville
prétend
reconnaître
que
les
chiens
font
partie
de
nos
familles,
et,
d’ailleurs,
selon
ses
propres
données
et
celles
de
l’Association
des
médecins
vétérinaires,
à
peu
près
autant
de
ménages
montréalais
choisissent
de
faire
famille
avec
des
chiens
(24 %
en
2024)
qu’avec
des
enfants
(23 %
en
2020).
Si
tel
est
le
cas,
cela
ne
se
reflète
pas
dans
la
conjonction
de
ses
règlements
et
de
ses
infrastructures.
De
nombreuses
métropoles
du
monde,
de
San
Francisco
à
Paris,
en
passant
par
Rome
et
Toronto,
se
montrent
accueillantes
envers
les
chiens
et
offrent
de
grands
espaces
verts
où
ils
peuvent
courir
librement.
Même
nos
voisins
de
Westmount
le
font. À
quand
le
tour
de
Montréal ?