
Une
petite
révolution
se
prépare
à
Montréal
en
matière
de
services
animaliers.
À
compter
du
1er janvier,
c’est
l’organisme
Proanima
qui
prendra
en
main
la
gestion
d’un
refuge
centralisé,
situé
sur
le
boulevard
Pie-IX,
dans
le
quartier
Saint-Michel,
afin
de
desservir
les
19
arrondissements
montréalais.
Il
s’agit
là
de
l’aboutissement
d’une
longue
saga
qui
s’est
échelonnée
sur
15 ans.
Pourquoi
créer
un
refuge
centralisé
?
Un
premier
projet
de
fourrière
municipale
avait
été
annoncé
en
2011
par
le
maire
Gérald
Tremblay
dans
la
foulée
d’un
reportage
choc
de
l’émission
Enquête sur
le
traitement
des
animaux
par
Berger
Blanc.
La
Ville
avait
alors
annoncé
son
intention
de
construire
son
propre
centre
animalier
sur
le
site
du
parc
Angrignon.
En
2014,
l’administration
de
Denis
Coderre
avait
plutôt
opté
pour
l’implantation
d’un
refuge
dans
Saint-Michel.
Finalement,
l’équipe
de
la
mairesse
Valérie
Plante
a,
en
2023,
décidé
de
confier
la
gestion
des
services
animaliers
à
Proanima,
un
OBNL
fondé
en
2012
qui
offre
déjà
ce
type
de
services
dans
14
municipalités,
dont
Longueuil,
Boucherville,
Saint-Bruno-de-Montarville
et
Saint-Jean-sur-Richelieu.
Un
contrat
de
157,9
millions
sur
10
ans
a
alors
été
octroyé
à
l’organisme,
qui
a
fait
l’acquisition
d’un
bâtiment
de
3620
m²
(un
ancien
concessionnaire
automobile)
au
9350,
boulevard
Pie-IX.
Celui-ci
a
été
transformé
pour
que
les
animaux
puissent
y
être
accueillis
et
que
les
soins
que
leur
état
nécessite
puissent
y
être
offerts.
Jusqu’à
maintenant,
les
arrondissements
confiaient
les
services
animaliers
à
des
fournisseurs
comme
Berger
Blanc
et
la
SPCA
de
Montréal.
Ces
contrats
ont
pris
fin.
Proanima
poursuivra
tout
de
même
sa
collaboration
avec
la
SPCA,
mais
celle-ci
pourra
désormais
concentrer
ses
efforts
sur
la
prévention
et
la
protection
des
animaux,
comme
elle
le
souhaitait
depuis
des
années.
Combien
d’animaux
pourront
être
hébergés
?
Le
refuge
a
les
espaces
requis
pour
accueillir
200
chats,
40
chiens
et
40
animaux
de
toutes
sortes,
comme
des
oiseaux,
des
cochons
d’Inde,
des
hamsters
et
des
lapins,
indique
Anny
Kirouac,
directrice
générale
de
Proanima.
«
Selon
les
chiffres
qu’on
a
obtenus
de
la
Ville
de
Montréal,
on
s’attend
à
recevoir
environ
12
000
animaux
par
année.
Les
installations
et
les
équipes
ont
été
prévues
en
ce
sens
»,
assure-t-elle.
Le
bâtiment
s’étend
sur
un
seul
étage,
ce
qui
est
un
avantage
pour
le
bien-être
des
protégés,
souligne
Anny
Kirouac.
«
Trouver
un
site
à
Montréal
avec
le
nombre
de
pieds
carrés
dont
on
avait
besoin,
ça
n’a
pas
été
évident.
Mais
on
a
aussi
un
peu
de
terrain
autour
pour
permettre
l’aménagement
de
cours
pour
faire
sortir
les
chiens.
»
L’organisme
offrira
aussi
un
hébergement
temporaire
pour
les
animaux
dont
les
propriétaires
sont
en
situation
de
vulnérabilité.
Quels
seront
les
services
offerts
?
La
liste
des
services
offerts
par
Proanima
est
longue.
L’organisme
recueillera
les
animaux
perdus
afin
de
retrouver
leur
propriétaire.
Il
compte
beaucoup
insister
sur
l’aide
aux
Montréalais
afin
d’éviter
que
les
animaux
ne
se
retrouvent
dans
le
refuge.
Les
citoyens
pourront
adopter
un
animal.
Les
chats
et
les
chiens
seront
vaccinés,
vermifugés
et
micropucés,
précise
Mme
Kirouac.
«
On
essaie
de
garder
les
prix
le
plus
bas
possible
pour
que
le
nouvel
adoptant
puisse
garder
son
argent
pour
subvenir
aux
besoins
de
l’animal
et
bien
s’en
occuper.
»
L’organisme
pourra
proposer
la
stérilisation
et
le
micropuçage
des
animaux
à
coûts
réduits
pour
les
ménages
à
faible
revenu.
Il
procédera
aussi
à
la
stérilisation
préventive
des
chats
errants.
Des
cours
d’éducation
canine
seront
également
offerts.
En
plus
d’une
boutique,
le
centre
animalier
disposera
d’une
friperie
pour
animaux.
Proanima
apportera
aussi
son
soutien
aux
citoyens
quant
aux
animaux
sauvages
en
milieu
urbain.
«
De
plus
en
plus,
les
gens
nous
appellent
avec
des
questions
et
des
problématiques
avec
la
faune
urbaine.
Ce
qu’on
préconise,
c’est
de
donner
des
conseils
au
téléphone,
par
courriel
ou
autre
»,
indique
Mme
Kirouac.
«
Mais
au
besoin,
on
a
notre
équipe
mobile
présente
sur
le
terrain
qui
peut
se
déplacer
pour
assister
les
citoyens.
»
Pour
toute
question,
les
Montréalais
sont
invités
à
communiquer
avec
l’organisme
par
téléphone
(514
379-2525)
ou
par
courriel
(info@proanima.com).
Comment
s’y
rendre
?
Le
site
du
nouveau
centre
animalier
a
été
choisi
pour
son
accessibilité
—
une
priorité
pour
l’organisme,
souligne
Anny
Kirouac.
Il
sera
possible
de
s’y
rendre
en
transport
en
commun,
mais
il
faut
savoir
que
la
station
de
métro
la
plus
proche,
la
station
Saint-Michel,
est
située
à
plus
de
50
minutes
de
marche
du
refuge.
L’autobus
sera
alors
une
option.
On
peut
monter
à
bord
d’un
autobus
de
la
Société
de
transport
de
Montréal
(STM)
avec
un
animal
à
condition
que
celui-ci
soit
dans
une
cage
de
transport
ou
dans
un
contenant
fermé.
Mais
les
plus
gros
chiens
—
à
l’exception
des
chiens
guides
et
des
chiens
d’assistance
—
ne
sont
pas
admis
dans
les
autobus.
En
revanche,
les
chiens
en
laisse
sont
autorisés
dans
le
métro,
moyennant
le
respect
de
certaines
règles.
Le
centre
est
par
ailleurs
situé
à
cinq
minutes
de
marche
de
la
gare
Saint-Michel–Montréal-Nord
de
la
ligne
15
(Mascouche)
du
train
de
banlieue
Exo.
Des
règles
semblables
à
celles
des
bus
de
la
STM
s’appliquent
à
bord
des
trains
et
autobus
d’Exo
et
les
animaux
doivent
être
transportés
dans
une
cage.
Sinon,
l’automobile
peut
être
un
choix.
Le
centre
géré
par
Proanima
dispose
de
49
cases
de
stationnement.
Les
animaux
confiés
au
refuge
risquent-ils
d’être
euthanasiés
?
La
question
préoccupe
les
amoureux
des
animaux,
et
Anny
Kirouac
se
fait
rassurante.
«
On
est
dans
le
bien-être
animal.
Donc,
on
essaie
de
tout
faire
pour
garder
les
animaux
en
vie.
On
a
tellement
de
portes
de
sortie
pour
les
animaux
[qu’on
ne
procédera
pas
à
une
euthanasie]
par
manque
d’espace
»,
avance-t-elle
en
évoquant
une
banque
d’adoptants
déjà
bien
garnie
et
qui
pourrait
gagner
en
importance
avec
l’ouverture
du
refuge
montréalais.
«
L’euthanasie,
c’est
toujours
un
sujet
de
tabou
»,
poursuit-elle.
«
Il
faut
savoir
que,
parfois,
c’est
le
soin
dont
l’animal
a
besoin.
On
peut
parler
d’aide
médicale
à
mourir
pour
certains
animaux
plutôt
que
de
les
regarder
agoniser.
C’est
le
soin
que
le
vétérinaire
va
juger
nécessaire,
mais
ce
n’est
jamais
une
décision
prise
à
la
légère.
»
Ensemble,
soutenons
la
réflexion
Média
rigoureux
et
lucide,
Le
Devoir
ne
se
contente
pas
de
relater
les
faits.
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